Changer le chauffage ne règle pas toujours l'eau chaude. Dans une maison de Dunkerque ou de Wormhout, le ballon électrique vieillissant, le ballon sur chaudière gaz ou le manque de place dans le cellier pèsent autant que la facture de chauffage. Deux familles se présentent : le chauffe-eau thermodynamique (CET), un ballon avec sa petite pompe à chaleur dédiée, et l'eau chaude sanitaire produite par une PAC air-eau déjà prévue pour le chauffage.
Les deux sont des pompes à chaleur. Elles n'ont pas le même encombrement, le même bruit, le même COP sur l'eau chaude, ni le même sens dans un projet. Mai est une bonne période pour en parler : on n'est plus dans la panne de janvier, et l'on peut encore poser avant l'hiver suivant.
Ce qu'est vraiment un CET
Un chauffe-eau thermodynamique est un ballon, souvent 200 à 300 litres, surmonté ou associé à un petit groupe frigorifique. Il prélève des calories dans l'air du local (cave, garage, cellier, buanderie) ou, sur certains modèles, dans l'air extérieur via des gaines. Il chauffe l'eau du ballon, généralement jusqu'à une température suffisante pour l'usage quotidien, avec un appoint électrique quand l'air est trop froid ou le besoin trop brutal.
Avantage : on peut le poser sans toucher au chauffage. Chaudière conservée, poêle en appoint, radiateurs inchangés : seul le fichier « eau chaude » change. Inconvénient : il a besoin d'un volume d'air et d'un local qui tolère d'être refroidi. Un CET sur air ambiant dans un garage de 8 m² mal ventilé refroidit le garage, voit son COP chuter, et peut geler des canalisations mal isolées en hiver flamand.
Les modèles sur air extérieur évitent de pomper la cave. Ils demandent des percements, des gaines, une attention au bruit côté jardin ou cour — le même voisinage dense qu'une petite unité de clim.
Ce qu'est l'ECS sur PAC air-eau
Une pompe à chaleur air-eau chauffe un circuit d'eau pour les émetteurs (plancher, radiateurs). Beaucoup de machines gèrent aussi un ballon d'eau chaude : la PAC alterne chauffage et ECS, ou dispose d'un module dédié. L'eau sanitaire est alors un service de la même machine que le chauffage.
Avantage : un seul groupe extérieur, une seule maintenance « machine », une logique unique pour les aides quand le projet est un remplacement de chaudière. Inconvénient : quand tout le monde prend une douche un dimanche de décembre, la PAC peut privilégier l'ECS et laisser le chauffage en retrait quelques dizaines de minutes. Le ballon doit être correctement dimensionné. Le COP de l'eau chaude est en général moins bon que le COP chauffage : on vise une eau plus chaude, l'écart avec l'air extérieur de Flandre est plus grand.
En zone H1, une PAC air-eau déjà juste sur le chauffage le sera encore plus si on lui ajoute une ECS mal calée. Ce n'est pas un argument contre l'ECS sur PAC. C'est un argument pour un dimensionnement honnête, pas pour une machine « un peu juste, ça passera ».
La place technique décide souvent à votre place
Avant de parler COP, on marche dans la maison.
Garage ou cave humide de Flandre. L'humidité et le sel de l'air marin n'aiment ni les carters ni les évaporateurs. Un CET sur air intérieur dans un local humide demande une ventilation réelle, un sol qui n'inonde pas, et une évacuation de condensats. Sinon, on pose un modèle gainable sur l'extérieur, ou on laisse l'ECS à la PAC de chauffage.
Cellier trop petit. Un ballon 250 litres plus groupe, ce n'est pas un ballon électrique mince. Les hauteurs sous plafond des maisons de ville dunkerquoises sont parfois justes. Mesurez avant de tomber amoureux d'une fiche catalogue.
Jardin déjà pris par une unité extérieure. Deux groupes (PAC chauffage + CET extérieur) multiplient les contraintes de bruit et de vis-à-vis. Une seule PAC air-eau avec ballon ECS est alors plus propre.
Chaudière conservée. Si le gaz reste pour le chauffage encore quelques années, le CET est souvent le geste le plus lisible : on améliore l'eau chaude sans décider de toute la chaufferie.
COP ECS : des ordres de grandeur, pas une promesse
Le coefficient de performance sur l'eau chaude dépend de la température d'air, de la température d'eau visée, du ballon et des cycles. Dans un local à 15 °C, un CET bien posé fait clairement mieux qu'un ballon électrique. Dans un garage à 5 °C en janvier, l'appoint électrique travaille davantage. Une PAC air-eau qui prépare de l'eau à 50 °C ou plus, un soir de gel, n'affichera pas le COP du mode chauffage à 35 °C.
Nous n'affichons pas de chiffre miracle. Ce qui se vérifie sur place, c'est :
- la température du local ou de l'air aspiré ;
- le volume du ballon par rapport au nombre d'occupants ;
- la présence d'un appoint, et la façon dont il se déclenche ;
- l'isolation des tuyaux (trop souvent oubliée, elle refroidit l'eau avant le robinet).
Un ballon trop petit fait multiplier les cycles. Un ballon trop grand, mal isolé, stocke des pertes. Le « plus gros » n'est pas le plus économe.
Aides : RGE, pas de montant affiché
CET et PAC air-eau peuvent, selon les années et les parcours, entrer dans MaPrimeRénov' ou dans une fiche CEE. Les conditions, les plafonds de ressources et les montants changent. L'installateur RGE reste la constante. Une pose hors cadre, même avec un bel appareil, ferme la porte des aides. Vérifiez le dispositif en vigueur sur france-renov.gouv.fr et sur le devis, pas sur une publicité de réseau social.
La PAC air-air, elle, ne produit pas d'eau chaude sanitaire. Ne la confondez pas avec les deux solutions de cet article.
Comment nous tranchons sur un devis
Le choix CET / ECS sur PAC suit le logement :
- Chaudière conservée, local ventilé, besoin d'eau chaude seulement → CET.
- Remplacement de chaudière par PAC air-eau, place pour un ballon, émetteurs étudiés → ECS sur PAC, dimensionnée avec le chauffage.
- Local pourri, pas de place, voisins tout près → on écarte les solutions qui ajoutent un deuxième groupe bruyant.
à Dunkerque et Wormhout, on a vu trop de ballons thermodynamiques coincés dans un placard sans air, et trop de PAC « qui font l'eau chaude » sur un ballon sous-dimensionné. Les deux se corrigent au moment de l'étude, pas après la première facture d'électricité de janvier. 03 28 63 40 29 — contact — chaudières.