En avril 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté une stratégie nationale d'électrification. Pour les ménages, le message utile tient en une phrase : les aides publiques aux particuliers doivent accompagner l'installation de pompes à chaleur. Ce n'est pas un décret de pose obligatoire. C'est un cap. À Dunkerque, Wormhout et dans la Flandre maritime, il faut le lire avec le climat local, le parc de maisons en brique, et le souvenir du guichet MaPrimeRénov' fermé en janvier.

Nous ne commentons pas ici le débat politique. Nous traduisons ce que ce cap change — et ce qu'il ne change pas — pour un projet de chauffage.

Ce que dit le cap, concrètement

L'électrification du chauffage, ce n'est pas « tout le monde au radiateur électrique ». C'est surtout déplacer la production de chaleur vers des équipements qui utilisent l'électricité pour multiplier les calories : la pompe à chaleur. Une PAC bien posée fournit plusieurs kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure électrique. Une chaudière gaz, elle, brûle un combustible.

Le gouvernement affiche donc un objectif : massifier les PAC, et faire en sorte que les aides suivent — MaPrimeRénov' lorsqu'elle est ouverte pour votre parcours, CEE, parfois éco-PTZ, TVA réduite sur certains travaux. Les CEE et MaPrimeRénov' restent cumulables sous conditions, avec écrêtement. Les barèmes officiels se lisent sur les sites de l'État, pas dans un article de blog.

Ce que le cap ne dit pas

Il ne dit pas qu'une PAC convient à toutes les maisons de Bergues ou de Téteghem demain matin. Il ne dit pas que le gaz disparaît des rues de Dunkerque cette année. Il ne dit pas que l'électricité sera moins chère que le gaz chaque mois de l'année. Il oriente les dispositifs. Le logement, lui, reste le juge de paix.

Ce que ça change pour un ménage de Flandre

Les dossiers PAC redeviennent prioritaires

Après la fermeture du guichet en janvier, beaucoup de projets ont été mis en pause. Le signal d'avril 2026 va dans l'autre sens : une PAC étudiée, chiffrée, posée par un RGE, c'est le type de travaux que les aides sont censées soutenir. Si vous aviez un devis de décembre ou de janvier, ne le signez pas tel quel. Faites-le actualiser : prix matériel, délais, et circuit d'aides du moment.

Le cumul CEE + MaPrimeRénov' reste un outil, pas une addition magique

Lorsque les deux dispositifs s'appliquent à vos travaux, on peut les cumuler sous conditions. L'écrêtement empêche que le total dépasse une part du coût éligible. Préparez-vous à un reste à charge réel. Les foyers qui réussissent leur projet à Grande-Synthe ou à Wormhout sont ceux qui ont budgété ce reste, pas ceux qui ont additionné deux plafonds entendus à la radio.

L'accompagnement et l'audit pèsent davantage

Dès que l'on sort du simple remplacement d'un générateur pour une rénovation plus large, le parcours accompagné (audit, Mon Accompagnateur Rénov') revient dans la conversation. Les délais 2026 ne sont pas ceux de 2023. Anticipez l'audit et l'accompagnateur avant de réserver une semaine de pose.

Le réseau électrique du logement compte

Une PAC, c'est un départ dédié, parfois un abonnement à revoir, parfois un tableau à reprendre. Dans les maisons anciennes de la citadelle ou des faubourgs, le tableau d'origine n'est pas dimensionné pour ça. Le cap national n'équipe pas votre tableau. Le devis local, si.

Ce que la Flandre maritime impose, cap ou pas

Nous sommes en zone H1. L'hiver est long, humide, venté. Une PAC air-eau qui affiche un excellent SCOP à +7 °C doit encore tenir un matin à −5 °C avec du vent de mer. Les unités extérieures en bordure de polder voient le sel et les rafales. Le positionnement, les supports, les dégagements et le dégivrage ne sont pas des options esthétiques.

Le parc n'est pas celui d'une ville neuve :

  • maisons flamandes, murs épais, peu ou pas d'isolation par l'extérieur ;
  • pavillons 1960-1980, combles parfois refaits, murs oubliés ;
  • radiateurs haute température ;
  • quelques planchers chauffants dans les extensions plus récentes.

Dans ce parc, le cap « PAC » se décline en trois familles honnêtes :

  1. PAC seule, si le logement et les émetteurs suivent.
  2. PAC hybride gaz, si la pointe hivernale l'exige encore.
  3. Pas de PAC tout de suite, si la priorité est l'enveloppe — ou une chaudière récente à entretenir.

Une stratégie nationale n'efface pas cette grille. Elle change seulement la probabilité d'être aidé si vous êtes dans la famille 1 ou 2.

Réagir sans se précipiter

Le printemps 2026 va remplir les carnets : pose de PAC, entretien après l'hiver, préparation des climatiseurs. Ce n'est pas le moment de signer le premier devis « aux normes de la stratégie ». C'est le moment de remettre le logement à plat.

Checklist utile :

  • Relisez vos consommations d'hiver 2025-2026.
  • Notez les pièces froides, pas seulement la moyenne de la maison.
  • Regardez l'emplacement possible de l'unité extérieure : bruit, voisin, vent.
  • Demandez si vos radiateurs peuvent descendre en température.
  • Séparez urgence (panne) et projet (changement de générateur).

Les aides accompagneront davantage les PAC. Elles n'accompagneront pas une machine sous-dimensionnée, posée trop près de la chambre du voisin, sur un tableau saturé.

Face à un cap national, notre travail reste le même : dire si votre maison est prête, quel générateur tient en H1, et quelles aides sont réellement mobilisables à la date du devis. Textes officiels : france-renov.gouv.fr. 03 28 63 40 29 ou contact.

Pour aller plus loin : installation et entretien.