En juillet 2026, les tensions autour du détroit d'Ormuz ont fait s'envoler les prix du gaz de gros. Ce n'est pas encore, pour la plupart des foyers de Dunkerque et Wormhout, la ligne « abonnement + consommation » du mois en cours. Contrats réglementés, offres de marché et stockages européens lissent le choc. L'habitude, sur ces épisodes : décalage d'environ deux mois — pic de gros en juillet, factures de septembre. Parfois un peu avant ou après, selon le fournisseur.

Anticiper n'est pas vider le Livret A pour une chaudière neuve demain matin. C'est regarder le logement, le calendrier des aides, et le délai réel d'un chantier avant l'hiver.

Gros, stocks, facture : trois horloges

Le prix de gros réagit aux tankers, aux stocks, aux températures asiatiques, aux arrêts de production. La France n'importe pas tout son gaz par Ormuz : Norvège, Pays-Bas, GNL. Quand le GNL mondial se tend, les prix européens montent quand même. Les stockages souterrains servent de tampon. S'ils sont hauts, le choc de gros met plus de temps à arriver au particulier. S'ils se vident trop vite, l'hiver se paie plus cher.

Votre facture dépend :

  • du type d'offre (prix fixe, indexé, tarif réglementé s'il vous concerne encore) ;
  • de la date de révision écrite au contrat ;
  • de votre consommation réelle — hiver et état de la chaudière.

Personne ne peut donner le centime du kWh de novembre dans un article local. Ce qu'on peut dire sans inventer un barème : un gaz de gros durablement haut finit par se voir. Attendre octobre pour « voir la facture » avant de demander un devis, c'est arriver dans la file d'attente des poses d'automne.

Croisement avec le 1er septembre

L'annonce du 28 juin 2026 dessine une réforme MaPrimeRénov' au 1er septembre : le geste isolé retirerait poêles, CESI, CET, VMC, isolation de combles et fenêtres ; il conserverait les pompes à chaleur de chauffage, le raccordement réseau de chaleur et la dépose fioul. En rénovation d'ampleur, le chauffage gaz ne pourrait plus être conservé dans le projet.

Si le décret confirme, deux calendriers se superposent :

  • septembre : possible hausse visible du gaz sur la facture, et changement de règles d'aides ;
  • octobre-décembre : file d'attente classique pour PAC, poêles, chaudières.

Geste poêle isolé encore souhaité, ou rénovation d'ampleur en gardant le gaz : plus le loisir d'attendre la première facture « Ormuz ». PAC de chauffage : geste isolé annoncé comme maintenu — sous réserve du texte. Dans tous les cas, devis et visite avant la ruée.

Montants d'aide : revenus, logement, geste, décret. france-renov.gouv.fr et maprimerenov.gouv.fr restent les sources officielles.

Anticiper un changement ≠ jeter une chaudière saine

À Dunkerque, Grande-Synthe, Téteghem ou Wormhout : chaudière gaz de quinze ou vingt ans, radiateurs fonte, maison brique plus ou moins isolée, parfois un poêle d'appoint. Le gaz qui s'annonce plus cher ne rend pas cette chaudière dangereuse du jour au lendemain. Entretenue, étanche, qui tient la pression : encore un ou deux hivers. Entretien annuel obligatoire. Brûleur propre consomme moins, tensions d'Ormuz ou pas.

En revanche, si vous étiez déjà au stade du remplacement — pièces introuvables, corps de chauffe fatigué, condensation jamais posée, factures qui montent depuis trois hivers — juillet est un bon mois pour trancher le scénario, pas pour improviser sous la canicule.

Trois scénarios honnêtes :

  • Rester au gaz, chaudière à très haute performance, si le logement et les règles d'ampleur le permettent encore. Ce n'est plus le choix « par défaut » d'une rénovation globale après septembre, si le texte est conforme à l'annonce.
  • Passer sur PAC air-eau, si l'enveloppe et les émetteurs le permettent en zone H1. Geste isolé qui resterait ouvert.
  • Ajouter un poêle à granulés en appoint, tant que le geste isolé existe, ou via CEE / parcours ampleur ensuite.

Hybride, bois bûche, réseau de chaleur : quand le quartier et le logement s'y prêtent. Pas en catalogue.

Cette semaine, sans attendre le relevé d'août

  1. Factures hiver 2025-2026 : kWh, abonnement, jours de froid. Ça sert au dimensionnement.
  2. Âge et marque de la chaudière. Entretien récent ? Défaut récurrent ?
  3. Isolation sans se raconter des histoires : combles, fenêtres, courants d'air. PAC sur une passoire déçoit.
  4. Devis daté, avec et sans hypothèse d'aide. L'aide n'est pas un acompte.
  5. Prime CEE sur ce devis, chiffrée maintenant. Les CEE vivent leur vie, distincte de MaPrimeRénov'.

TVA 5,5 % sur certains travaux de rénovation énergétique (PAC de chauffage, logement de plus de deux ans, professionnel, conditions officielles) : dispositif existant, pas nouveauté de mi-juillet. Elle n'efface pas le prix du matériel.

Nos pompes à chaleur — ne pas décider sur la une des marchés. Les cours de gros font les titres ; ils ne dimensionnent pas une maison flamande exposée au nord. Un commercial qui dit « signez avant que le gaz double » n'a pas plus de boule de cristal. Un artisan qui dit « voyons l'installation, le calendrier des aides, et le délai de pose » rend un meilleur service.

Chaudière qui lâche en novembre : on remet de la chaleur, on ne refait pas le débat Ormuz. Trois mois devant vous : autant les utiliser. 03 28 63 40 29.